L’histoire des Marais de Saint Omer

Son origine…

Sous ses aspects naturels, le marais audomarois cache bien son jeu. Quel visiteur se douterait que les rivières sur lesquelles il navigue sont en fait issues du travail acharné des hommes du marais, les « brouckaillers » et cela de façon certaine depuis le 12ème siècle ? La mise en valeur des terres du marais s’est faite progressivement sous l’impulsion des abbayes. Elle a nécessité de favoriser l’évacuation des eaux vers la mer ce qui a permis d’assécher progressivement les terres du marais. S’en est suivi le creusement des rivières « les wateringues » et des fossés « les watergangs ». En quelques siècles, le marais est passé d’un « marécage hérissé de forêts » à un marais organisé composé de plus de 15 000 parcelles de terre et d’eau parcouru de 800 kilomètres de canaux.

En parallèle, les habitants du marais ont développé des outils afin de valoriser ces terres : deux bateaux en chêne, le bacove et l’escute, des outils pour creuser ou entretenir les canaux : grèpe, weslag, baguernette… Mais la grande particularité du marais reste d’avoir été mis en culture pour la production de légumes principalement dès le 12ème siècle. Certaines variétés de légumes ont traversé les siècles et font partie intégrante du patrimoine du marais.

Quatre grands piliers fondent aujourd’hui le marais : Le marais maraîcher, le marais habité, L’eau et la biodiversité

La superficie du marais est de 3726 hectares. Ce territoire exceptionnel a su conserver sa culture reine qui est le chou-fleur d’été dont Saint-Omer est la capitale française. Une cinquantaine de légumes différents sont aussi toujours cultivés sur le marais, principalement par les producteurs qui pratiquent la vente directe ou vendent sur les marchés.

Le marais habité présente quelques particularités bien visibles. Les faubourgs du Haut-Pont et de Lyzel et la rue de la poissonnerie ou résident encore aujourd’hui la majorité des familles de maraîchers. C’est là également que se trouvaient les charpentiers de bateaux qui ont laissé le nom de leur activité à la rue des faiseurs de bateaux. Cet habitat typique présente une façade tourné vers la ville et un arrière tourné vers le marais.

L’eau et la biodiversité sont omniprésentes sur le marais. Quoi de plus naturel qu’un marais avec de l’eau… sur le marais l’eau des rivières et des étangs couvre 5 000 000 de m² ! Les canaux occupant plus de 700 km linéaires, la flore et la faune y trouvent des conditions de vie multiples qui sont favorables à de nombreuses espèces : 50% de la flore aquatique régionale s’épanouit dans le marais, tout comme plus de 230 espèces d’oiseaux comme le martin-pêcheur, le grèbe huppé ou la cigogne blanche… Un réel îlot de biodiversité au cœur du Nord-Pas de Calais.

Un territoire reconnu par de prestigieux labels

Au cœur du Parc naturel régional des Caps et Marais d’Opale : Le Parc couvre 154 communes dont celle de l’Audomarois et du marais. Le label Parc naturel régional est un label national accordé à des territoires de qualité pour lesquels des engagements sont partagés dans une charte. La charte actuelle du Parc naturel régional des Caps et Marais d’Opale a été accordée pour la période 2014-2025.

Ramsar : Cette désignation constitue, pour chacune des zones humides concernées, un label de reconnaissance internationale, et non, une protection règlementaire ou une mesure contraignante. Il met en évidence la nécessité de maintenir et de préserver les caractéristiques écologiques et les richesses de ces zones, par une utilisation rationnelle des ressources. Il appartient ainsi à chaque habitant, chaque usager qui vit, gère ou exploite la zone humide, ainsi que les pouvoirs publics, de conserver à long terme ces milieux vivants. En conséquence, « l’utilisation rationnelle » est au cœur de la conservation et de l’utilisation durable des zones humides et de leurs ressources, dans l’intérêt de l’humanité tout entière.

Réserve de Biosphère du Marais Audomarois : Sont désignés « Réserve de Biosphère », les territoires ayant été désignés par le programme « l’Homme et la Biosphère » de l’UNESCO. Ce programme vise à répondre à trois questions majeures :

  • Comment pouvons-nous garantir à la fois un environnement sain et une économie forte pour aujourd’hui et pour demain ?
  • Comment pouvons-nous générer des données de qualité et les partager pour prendre des décisions efficaces ?
  • Quels sont les exemples concrets de développement durable dont nous pouvons nous inspirer ?